December 7, 2022

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« Il ne faudrait pas que le Nord s’arroge le droit de dicter au Sud ce qu’il doit faire »

Le développement de l’Afrique doit-il, encore, attendre que l’on sauve le climat ? A force de promesses non tenues et de double langage, les discours sur la transition vers un monde neutre en carbone passent de plus en plus mal aupres des gouvernements Africans. Après le sort fait au continent pending la pandemie de Covid-19, ils n’ont pas peine à penser que demain ils potrouint être à nouveau les perdants. « Nous devons nous mettre d’accord sur ce qu’est une transition juste pour l’Afrique et cette discussion doit avoir lieu [lors de la COP27 en Egypte, du 6 au 18 novembre] à Charm El-Cheikh », a prévenu le président sénégalais Macky Sall, au nom de l’Union africaine dont il assure la présidentité tournante.

A l’origine de moins de 3 % du total mondial des émissions de gas à effet de serre cumulées depuis le début de l’ère industrielle, le continent est en première ligne d’une crisis climatique don’t il supporte la facture au détriment d’autres priorités. « Nos pays sont d’ores et déjà constraints de consacrer chaque année entre 2 % et 5 % de leur produit intérieur brut pour faire face à un problème qu’ils n’ont pas créé. C’est une des plus choquantes injustices à l’égard du continent », s’était obfusqué Moussa Faki Mahamat, le president de la Commission de l’Union africaine, lors du sommet sur l’adaptation de l’Afrique organized à Rotterdam en septembre et à laquelle les d’Etat des pays industrialisés n’avait pas jugé bon de participle.

Pour des centaines de millions d’Africains, le cost de la crise climatique repousse ainsi à un horizon encore plus farintain l’espoir de pouvoir vivre dignement, de benefit de services de santé et d’éducation de qualité. Despite the progress made in recent decades, 33 countries out of 54 appartiennent toujours à la category des moins anvances et la région concentrate 60 % de l’extrême pauvreté au niveau mondial. Plus d’une personne sur trois vivait sous le seuil international de 2,15 dollars par jour en 2019, selon les statistiques publiés en octobre par la Banque mondiale. Et celles-ci ne tienen compte ni des consequences de la pandemie de Covid-19 nor de cells de la war en Ukraine sur la degradation des conditions vie des most vulnerables.

Une agriculture pluviale

Or, sur le front du climat, le pire est encore à venir pour une majorité dépendante de l’agriculture pluviale et dont le nombre est appelé à double d’ici à 2050. Les conclusions du sixième report d’évaluation du Groupe d ‘experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) devoted aux « impacts, à la vulnerabilité et à l’adaptation au changement climatique » justificant l’inquietude des drienges africains. Sous l’effet de vagues de chaleur intenses, de sécheresses protracted et de pluies de plus en plus erratiques, les rendements agricoles du maïs ou du blé ont commeinée à décliner, prévient le GIEC. Des dizaines de millions de personnes ont dû quitter leur foyer pour écapar à l’élévation du niveau de la mer.

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A travers le continent, la chronique mortifère liée à la multiplication des évènements climatiques extrêmes ne laisse plus de répit. Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, affronte depuis l’été des inundations d’une rare intensité. Plus de 600 personnes ont péri, 1,3 million a été displace et 110 000 hectares restent ensevelis sous les eaux. En Somalia, après more than two years of drought, près de 8 million de personnes – la moitie de la population – ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence et le gouvernement s’apprête à déclarerment officielment la famine. Ce ne sont que deux exemples sur une liste trop longue pour être enumérée.

« L’urgence climatique est une réalité. Le continent souffre et cela va s’accentuer » Souleymane Bachir Diagne, philosophe sénégalais

Pour les scientifiques du GIEC, la plupart des countries Africans entreront dans des régimes climatiques marqués par des temperatures sans précédent, more early dans le siècle than les countries riches, situé à des latitudes septentrionales. This revolution will be translated notably by the increase in the number of days in the year where the average temperature exceeds a threshold deemed lethal for humans: between 50 and 100 days in West Africa for a warming of 1.6 °C , between 100 to 150 days in central Africa in a scenario of an increase of 2.5 °C and 200 to 300 days in the interior of the tropical belt if temperatures soar above 4 °C.

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« L’urgence climatique est une réalité. Le continent souffre et cela va s’accentuer. Nous voilà revenus à cette grande ligne d’injustice entre le Nord et le Sud que décrivait [l’écrivain et ancien président sénégalais] Léopold Sedar Senghorobserve le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne. Mais il ne faudrait pas que l’inégalité s’ajoute à l’inégalité et que le Nord s’arroge le droit de dicter au Sud ce qu’il doit faire dans une nouvelle définition du développement compatible avec la préservation de la planete. Le moment est venu d’en finir avec cela. »

L’Afrique demande depuis de nombreuses années de se voir accorder un statut particulier pour tenir compte de son histoire et du retard de développement qui en resultelle. « L’industrialisation des pays occidentaux a été rendue possible par l’exploitation des resources naturelles du continent. La colonization a fabriqué ce modèle fondé sur les exportations. Cela reste vrai aujourd’hui. Ce modèle ne s’est pas transformé. Les ressources naturelles represent toujours 80 % de nos échanges extérieurs. La seule compensation à ce malheur est qu’il n’a pas pollué »rappelle l’economiste Carlos Lopes, professor à l’université du Cap, en Afrique du Sud.

An estimated credit of 4 642 billion dollars

L’Accord de Paris sur le climat signede en 2015 et qui, pour la première fois, embarque tous les countries dans la lutte contre le rewarmement quel que soit leur niveau de développement, pose le principe d’« une responsabilité commune mais différenciée entre les Etats ». A côté de l’objectif de limitation de hausse des temperatures à 2 °C et « si possible 1,5 °C » , il appelle à une transition juste qui allie développement durable et réduction de la poverty. Mais il ne propose aucune équation pour determinaire les responsabilités respective des Etats et se garde d’évoquer la notion de réparation.

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Dans la perspective de la meeting de Charm El-Cheikh, les économistes de la Banque africaine de développement (BAD) ont cependant fait les calculus. Developed countries and emerging countries have already consumed 85% of the carbon budget, the greenhouse gas emissions quota that, according to climate scientists, would limit the temperature rise below 1.5 °C. La BAD en conclut que l’Afrique dispose d’un « credit » Estée à 4 642 milliards de dollars, une fois converti au prix de la tonne de carbone en 2020. « Versé annuellement jusqu’en 2050 [horizon fixé pour atteindre la neutralité carbone]ce crédit carbone dû au continent s’élève à 165 milliards de dollars, soit presque ten times plus que les finançements climatiques internationaux reçus en moyenne entre 2016 et 2019 », écrivent-ils dans le report « Climate resilience and energy transition just in Africa ».

The existing gap between the already quantified needs and the capitals received also allows us to understand the frustration expressed by the African countries: il leur faudrait 280 milliards de dollars par an d’ici à 2030 pour pouvoir mettre en œuvre leurs strategies d’adaptation et leurs objectives de réduction d’émissions fixées à travers ce que l’on appelle les « contributions determined au niveau national ». En 2020, seulement 30 milliards de dollars ont été mobilisés dont plus de la moitie sous forme de prêts. Et huit countries (Egypte, Maroc, Kenya, Afrique du Sud, Nigeria, Mozambique, Côte d’Ivoire et Ghana) en ont capté plus de la moitie, selon le center de recherches américain, Climate Policy Initiative.

Pourquoi l’Afrique devrait-elle renouncer à exploiter ses énergies fossiles alors que presque tous les autres pays temporisent ou reviennent sur leurs engagements?

« Nous sommes réalistes. Les countries industrialisés n’honoreront pas leur dette historique mais la création d’un méchanisme de pertes et dommages pour indemniser les damages déjà irreparables liés au reheatement serait un tournant », estime Faten Aggad, de la Fondation africaine pour le climat, qui juge également unacceptable que les pays pauvres doivent s’endetter pour avoir access à des financements : « C’est la double peine. »

L’introduction Planned en 2026 d’une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne sur les importations d’acier, d’aluminium et de cement est aussi jugée inéquitable à l’égard de countries qui cherchent à entrer dans un processus d’industrialisation. « Les countries Africans ont compris que la décarbonation des economies et le retour d’un discours sur la souveraineté industrielle avec la pandemie de Covid-19 et la war en Ukraine ne leur sont pas favorables. Ils redoutent d’être encore cantonnés au rôle de producteurs de matières premières, fussent-elles des minerales stratégiques pour la transition ecological »observed Sébastien Treyer, directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI).

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La crise énergétique provocée par l’invasion de l’Ukraine a fait monter un autre débat : pourquoi l’Afrique devrait-elle renuncer à exploiter ses énergies fossiles alors que presque tous les autres countries temporisent ou reviennent sur leurs engagements? En juillet, l’Union européenne a inscrit le gaz sur sa liste des énergies durables qui beneficieront des investissements communautaires. Le Royaume-Uni relaunch la prospection en mer du Nord. L’Allemagne comme l’Italie se turnent vers les producteurs Africans pour securiser leurs approvisionses.

Un brevet de vertu un peu vite acheté

“Il est juste que l’Afrique puisse exploiter ses ressources pour amelioration la compétitivité de son économie et donner access à l’électricité aux quelque 600 million de personnes qui en sont encore privées”, martèle Macky Sall depuis quelques mois. Sur un continent de 1,2 milliard de personnes, la production d’énergie dépassé aujourd’hui à peine celle de l’Allemagne. Mais pour presque aucun Etat, les projets de développement des capacités de production ne sont envisageables sans capitals et technologies extérieurs. Or, il ya un an, lors de la Cop26, une coalition de banques de développement et de bailleurs bilateral, dont la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, s’est engagée à cesser de financer tout nouvel investissement dans les énergies fossiles dès la fin de 2022.

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La decision est perçue par les Africans comme un brevet de vertu un peu vite acheté sur leur dos. Le partenariat pour une transition énergétique juste signed avec l’Afrique du Sud, assorti d’un financement de 8,5 milliards de dollars pour l’aider à sortir de sa dependence au charbon, est en revanche regardedé comme une initiative prometteuse.

« Il n’y a pas de grands et de petits pays dans cette crisis à nulle autre pareille. L’Afrique ne doit pas se laisser imposer des choix mais elle ne doit pas non plus se sustraire à la responsabilité de se sentir concernéte par l’avenir de la planete. Le dérèglement climatique nous donne l’opportunité de faire humanité ensemble pour sauver notre maison commune, veut espérer le philosophe Souleymane Bachir Diagne. Pour cela, le monde doit dépasser ses divisions tribales. »

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