February 3, 2023

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Quand Benoît XVI bouscula la liturgie – Portail catholique suisse

7 juillet 2007, le pope Benoît XVI introduced two forms of celebration of the Roman liturgy: l’one «ordinaire», according to the reform of the Vatican II council, l’autre «extraordinaire». Avec Summorum Pontificum, il veut bringer la paix sur le plan liturgique. Un choix contestable, selon le liturgiste italien Andrea Grillo.

Davide Pesenti, pour cath.ch

«Il est difficile de donner les contours d’une ‘liturgie selon Benoît XVI’, explains Andrea Grillo, professeur de sciences liturgiques et de théologie sacramentaire à l’Athénée Saint-Anselme de Rome et à la Faculté de théologie de Padoue. Au cours de son pontificat, les decisions de Benoît XVI ont eu des consequences extrêmes. Elles ont donc aussi produit une certaine polarization, entre les deux composantes originales de sa façon de comprendre la liturgie et les sacraments».

De nombreuses interventions durant son pontificat attestent, chez Benoît XVI, d’une forte tension entre la «primauté de Dieu» et «l’expérience ecclésiale» dans le domaine de la liturgie. «Pour le pape Ratzinger, la liturgie était, d’une part, un lieu d’expérience irremplaçable pour le creyant, et, d’autre part, un lieu où l’expérience du sujet dans l’acte de foi est insignificant», affirme le professore italien.

Sa première approche place le pape allemand clearly dans le cadre du «Mouvement liturgique» qui s’est développé dans severales countries de l’Europe occidentale au début du XXème siècle. En revanche, la deuxième est en fort contraste avec l’aggiornamento liturgique adopted au cile Vatican II (1962-1965) et mis en place par la réforme liturgique qui l’a suivi.

Rôle fundamental de la liturgie

L’insistance de Benoît XVI sur une continuité du magistère depuis le Concile a risqué, sur le plan liturgique, de rendre plausible une identification entre ‘réforme liturgique’ et ‘rupture’, non pas intentionalnelle, mais produite dans les effets.

«During the pontificate of Pope Benoît, the liturgy was charged with a potential apologetic, almost ‘controversé’, which made it passer à un niveau réactif et polemique», said Andrea Grillo. Une risquée position pour une véritable comprèsement de la réforme liturgique postconciliaire. «Dans les livres d’histoire, le pontificat de Benoît XVI sera très probably perçu, sur le plan liturgique, comme une tentative de pacification au sein de l’Eglise. Un essai qui procède par la marginalisation et la suppression des indications claires données par Vatican II», note le liturgiste italien.

«L’audace de Benoît XVI face à son project de réconciliation de la tradition liturgique a provocé de fortes critiques»

Pour lui, ce phénomène relève d une composante biographique de Joseph Ratzinger: un chevauchement entre Vatican II et la revolution de May 1968. l’Église.»

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«Un maître de l’herméneutique»

Lire avec une profondeur theologique et anthropologique l’acte rituel comme central pour l’expérience du chrétien dans la relation à Dieu: tel a été, sur le plan liturgique, le leitmotiv du pontificat de Benoît XVI. «Il a pratiqué une herméneutique avec une veine sapientielle qui n’a jamais perdu son aiguillon dogmatice, précis Andrea Grillo. De ce fait, il a été toujours à la limite du risque d’une lecture apologétique de la tradition chrétienne».

Son audace face à son projet de réconciliation de la tradition liturgique a provocé de fortes critiques. Les instruments juridiques et institutionals qu’il a mis en place ont été jugés disputables et peu efficaces par plusieurs observateurs. «On pense ici, par exemple, aux ‘traductions liturgiques’, dans quelles le principe de ‘littéralité’ semble être le seul salut de la Tradition. Avec les conséquences paradoxales que cette approche a entrainment notably sur la façon de traduire, dans la prayer eucharistique, l’expression pro multis (‘pour la multitude’ dans la prière de consecration du sang du Christ, ndlr) dans les langues vernaculaires.»

Summorum Pontificumle tournant

Le 7 juillet 2007, Benoît XVI passe donc à l’acte. Il publie le motu proprio Summorum Pontificum qui prévoite l’introduction d’une «forme extraordinaire» à côté de la «forme ordinaire» dans le même rite romain latin. La première corresponds à la messe, et aux autres formes des célébrations liturgiques, en vigueur dans l’Eglise catholique jusqu’en 1969; la deuxième, celles des formes célébratives issues de la réforme liturgique d’après Concile. Depuis la publication de ce motu proprio, les deux formes coexistent de facto. C’est une première dans l’histoire de l’Eglise. Une décision qui bouleverse la mise en œuvre de la liturgie et de l’ecclésiologie issues de Vatican II.

«Summorum Pontificum a ouvert les portes à des formes ecclesiales, spirituelles, pastorales considered comme douteuses par une bonne partie des liturgistes»

Bien que l’emploi de la «forme extraordinaire» demeure aujourd’hui circonscrit et soumis à certains criteria, the decision of Benoît XVI extends sensibly the possibility of using la forme célébrative préconciliaire. Mais, dès la publication du document, c’est la levée de boucliers. De nombreux liturgistes et historians de l’Eglise condemnement ferment la décision du pape allemand, soutenant que le motu proprio va à l’encontre des résolutions du concile Vatican II.

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«Pas la paix, mais la war»

«The idea of ​​bringing peace to the liturgical plan has become, for Benoît XVI, a project realized through the ‘parallel forms’ of the Roman rite, explains Andrea Grillo. Dès les premiers mois, cette ‘solution’ a toutefois montré des limites structuralles. Elle n’a pas produit la ‘paix’, mais la ‘guerre’. La noble intention pacificante requirt differents instruments, sur lesques l’Église d’aujourd’hui et de demain devra se baser, en se laissant guider par les intentions de Benoît XVI, mais en dépassant de manière décisive ces mêmes instruments qu’il a adopted », soutinet le liturgiste italien.

Le document pontifical a ainsi ouvert les portes à des formes ecclésiales, spirituelles, pastorales considered comme douteuses par une bonne partie des liturgistes, et sur les les évêques diocésains n’ont aucune autorité.

Rapport difficile avec Vatican II

According to Andrea Grillo, the pontificate of Benoît XVI reinforces une lecture de Vatican II qui met en évidence, tout d’abord, les risques qu’a generées ce cile, et non la grâce qu’il a déversée sur l’Eglise. Une interpretation qu’on retrouve déjà chez le théologien Joseph Ratzinger lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. «La continuité avec le council semble claire chez lui, précis Grillo, mais elle est douloureuse et contrastée. Il n’est pas exagéré de croire que l’une des raisons de sa renunciation au ministère pétrinien, en février 2013, était precisely sa relation difficile avec Vatican II».

«Plus de 15 ans après la publication de Summorum Pontificumle débat sur l’héritage de Benoît XVI ne fait que commencer»

Le professeur italien rappelle comment Benoît XVI, pour le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile, le 11 octobre 2012, a répété «de façon paradoxale», depuis la fenêtre donnant sur la place Saint-Pierre, le célèbre Discourse of the Moon du pape Jean XXIII. Il a donné, à la place de la fête, un discourse dramatic et déconcertant. Pour lui, dans les derniers mois de son pontificat, Vatican II s’était manifesté non pas tant comme une ‘nouvelle Pentecôte’, mais comme l’expérience du ‘péché original’. «Cette ‘Stimmung’ vis-à-vis du Concile, concluded Andrea Grillo, a également profoundly marque sa relation avec la liturgie».

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À la recherche de l’unité

Après de vives et parfois âpres discussions, en particulier face à l’approche différence du pape François, les débats autour de ces différences conceptions de la Liturgie se sont un peu calmés. Le rapport entre les deux formes du rite romain demeure toutefois irresolu; son avenir tout aussi uncertain.

Les décisions de Benoît XVI dans le domaine liturgique n’ont été que l’apogée d’une période postconciliaire de more de de plus de ans, durant laquelle different sensibilities liturgiques se sont conconoees – et parfois affrontées. Si d’une part, Summorum Pontificum a été interpreted comme une tentative de réconcilier les sensibilities au sein de l’Eglise catholique, il a été, pour d’autres, le fruit d’une conception anachronique de «l’esprit de la liturgie», pour citer le titre d’ une des célèbres oeuvres de Joseph Ratzinger.

Plus de 15 ans après la publication de Summorum Pontificum, le débat sur l’héritage de Benoît XVI ne fait que commencer. Un héritage qui aura contributed, du moins pour un certain temps, à mettre au center du débat le sens profond de la célébration de la faith, rappelant ainsi le célèbre dicton conciliaire que la liturgie est fons et culmen (la source et le sommet) de toute vie chrétienne. (cath.ch/dp)