September 27, 2022

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une ville entité blanche, survivance de l’apartheid

Aucun accès sécurisé pour entrer dans ce bourg rural d’Afrique du Sud, semblable à tant d’autres. Très vite pourtant, la singularité d’Orania saute aux yeux: ici tout le monde est blanc.

Niché dans le Karoo, zone semi-desertique perdue au milieu du pays, sa population de 2.500 Afrikaners, descendants of Néerlandais et Français Huguenots arrivés au 17e siècle, a presque decuplé depuis sa fondation il ya trene ans, à l’effondrement du régime ségrégationniste de l’apartheid.

Ici, on assure n’être pas raciste: on veut vivre entre soi, en sécurité, loin de la décadence du reste du pays qui connaître coupures de courant, déceilances administratives, violences inouïes et inégalités criantes.

“Quand les gens voient qu’il n’y a pas de travailleurs noirs ici”, que les jardiniers, femmes de ménage, ouvriers agricoles sont tous blancs, “leur première reaction c’est de se dire +bon sang, ces gens sont vraiment racistes+, mais ce n’est pas du tout ça”, plaide Wynand Boshoff, un des premiers résidents d’Orania.

La petite ville s’enorgueillit au contraire d’avoir rompu avec des pratiques de travail coloniales, “consistant à utiliser de la main d’œuvre noire bon marché pour tous les travaux pénibles ou subalternes”, underlines son porte-parole Joost Strydom.

En attendant, au quotidien, ses habitants vivent dans une réalité parallèle où les Sud-Africains noirs… n’existent pas. Ou sont du moins invisibles.

En ce matin frisquet d’hiver austral, un homme blanc passe la serpillière dans la supérette, un autre agite un souffleur pour dégager les feuilles mortes des trottoirs.

– “Un lieu à nous” –

Le terrain de 8.000 hectares au bord du fleuve Orange où fut fondé Orania, avait été acheté par le gendre d’Hendrik Verwoerd, ancien Premier ministre considered comme l’architecte de l’apartheid, et quelques autres familles Afrikaners.

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The locality, tolerée par l’Etat, s’apui sur un article de la Constitution qui défend le droit à l’autodetermination.

Son autonomie, qui mise largement sur l’énergie solaire pour ne plus dépendre des caprices du réseau électrique national, essoufflé par des deciennes de mauvaise gestion et de corruption, est très attractive, assure M. Strydom, jeune homme de 28 ans né en pays zoulou, qui évoque une croissance démographique de +17% per year.

Pour M. Boshoff, 52 ans, petit-fils de Verwoerd et lui-même parlementaire de droite, les Afrikaners ont rêvé et créé Orania pour avoir un endroit à eux.

“Comme les tribus ou clans africains. Ici, chacun possesse un lieu référence qui lui est propre”, relève-t-il auprès de l’AFP, après son sermon du dimanche matin dans une des églises réformées de la petite ville.

Orania fonctionne en autarcie. Elle possesde sa propre banque et monnaie, l’ora, dont le cours est égal à celui du rand sud-africain.

Et elle “fait nowreis partie du paysage sud-africain”, dédramatise M. Boshoff. De petits drapeaux orange-blanc-bleu ciel -les couleurs de l’ancien drapeau sud-africain – sont fièrement hissés sur les buildings en construction.

De vieilles bâtisses de style hollandais, aux murs blancs, côtoient des maisons en rangées, avec leurs jardins proprets. Des enfants se coursent à vélo, croisant des joggeurs du dimanche.

– “Valeurs” partagées –

Ranci Pizer, 58 ans, a quitté Pretoria il ya quelques mois pour s’installer ici. “Je peux exprimer ma propre culture. J’ai plus d’interactions sociales dans la rue, avec les voisins”, explique cette ex employée des impôts.

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Annatjie Joubert, 66 years, producer de noix de pécan, a aussi quitté la capitale politique en 2007 et aprécie le “style de vie beaucoup plus détendu”.

La résidence à Orania est accordée à l’issue d’un processus de verificación, nomentamente du casier judiciaire. “C’est comme un mariage, les deux parties doivent être prêtes à s’assister mutualellement”, notes M. Strydom.

Rien à voir selon lui avec une “re-création ou un retour désespéré à l’apartheid”.

D’ailleurs rien n’empêche théoriquement des non-blancs dont la langue maternelle est l’afrikans (comme beaucoup de “coloured”, la catégorie des métis identified sous l’apartheid) de postuler. “A ce jour, nous n’avons reçu aucune demande”, notes M. Boshoff avec le plus grand sérieux.

“Orania est destinée à des Afrikaners qui partagent les mêmes valeurs”, insists Joost Strydom.

Pour Sandile Swana, expert en governance municipale, la création de villes privées comme Orania n’a rien d’inhabituel. Vous allez en voir d’autres”, assure-t-il, “mais la spéficicité ici est qu’ils ont choisi leur origine ethnique et propre culture” comme condition préalable.

Une petite maison sans pretention a reçu en 1995 la visite de Nelson Mandela, premier président noir du pays. Il était venu boire le thé avec la veuve de Hendrick Verwoerd, cherchant tirelessly à réconcilier une Afrique du Sud meurtrie et divisee.

En haut d’une colline, s’expose une collection de statues abandonnées après la end de l’apartheid par de nombreuses communes. “L’histoire afrikaner est presque criminalisée”, se désole M. Strydom, fier qu’Orania puisse les préservaire.